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The SIPE

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Harry Potter et l'ordre du phénix

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harry potter

« Harry Potter et l'Ordre du Phénix » est donc le cinquième volume de J. K. Rowling dont le héros fait la joie des adolescents-et de bien des adultes.

Ce volume nous paraît avoir une importance particulière. En effet, au gré de la vie quotidienne qui est loin d'être sans drames et sans souffrances pour notre héros et ses amis, on perçoit comme une « attente »d'événements importants ainsi que la complexité de la lutte contre le mal. Voldemort, le seigneur du mal, a retrouvé tous ses pouvoirs ; Dumbledore, le tenant du bien, est persécuté par ses pairs(surtout par Fudge, le ministre de la magie) ; Harry devient l'enjeu de forces contraires :lui qui est pour le bien qu'il a choisi et qui se veut l'adversaire de Voldemort, va être l'objet d'une persécution qui prendra des formes cruelles et subtiles.
Et les amis de Harry ne seront pas épargnés. Il n'est pas question de résumer le livre mais d'aborder le récit sous des angles différents, d'ailleurs complémentaires. Ces points de vue peuvent se définir ainsi : 1) L'évolution des principaux personnages 2) Importance de la bataille finale 3) Réflexions sur 4) a)la notion de bien et de mal b)les rapports entre monde magique et monde réel Conclusion :quelques réflexions pédagogiques Il sera évidemment nécessaire de parler d'un certain nombre d'évènements caractéristiques. Notons aussi que, dans l'ensemble de l'œuvre de Rowling, la tension monte de plus en plus et que la lutte contre Voldemort s'accentue.

Dans les premiers volumes, elle prend plutôt l'aspect d'un duel entre Harry et le seigneur du mal ; dans ce cinquième volume, ce sera une bataille entre deux groupes, les amis du bien(donc de Dumbledore et Harry) et les partisans du mal(ceux qui obéissent à Voldemort)…. et ce sera le prélude à la deuxième guerre dont les volumes suivants nous parleront sans aucun doute. Mais Dumbledore est en alerte :il fait revivre et réorganise l'Ordre du Phénix qui regroupe tous ceux qui, avec lui, combattront Voldemort…le mal


L'évolution des principaux personnages

HARRY Harry est désormais un adolescent de quinze-seize ans, très mûr pour son âge, expert en magie, auteur d'exploits extraordinaires, pas très bon élève, excellent en Quiddish, le sport des sorciers . Depuis son entrée au collège, Harry est l'objet de la haine du professeur Rogue(Harry le déteste)auquel se joindra le nouveau professeur Dolorès Ombrage. Il est fidèle à ses amis, parfois un peu irritable, et un petit brin orgueilleux il vit dans le souvenir de ses parents, a beaucoup d'affection pour les parents de son ami Ron et pour son parrain Sirius Son évolution, au cours du cinquième volume, suit, en gros, quatre lignes directrices : -l'attente, la colère, la souffrance, les rêves…
L'attente Dès la première page, nous voyons Harry attendre. Ce qu'il attend à ce moment là, ce sont des informations. Il vient de passer le premier mois des vacances d'été chez son oncle et sa tante et, bien sûr, l'obèse et méchant cousin Dudley. On lui refuse d'écouter les informations de la télévision. Alors il se cache, sans trop de succès, pour les écouter, fouille les poubelles pour trouver des journaux jetés. Pourquoi ?Parce qu'il se dit que si Voldemort redevenait actif en commettant des crimes, les journaux et la télévision en parleraient. Il reçoit, certes, des nouvelles des ses amis Ron et Hermione ; ceux-ci lui ont appris qu'ils passent leurs vacances ensemble-sans dire où-, qu'ils ont beaucoup de travail-sans préciser de quoi il s'agit-, qu'ils espèrent être bientôt tous réunis-sans donner aucune date-. Quand Harry leur demande d'être un peu plus précis, ils répondent qu'ils ne peuvent rien dire de plus.
Plus tard, au Quartier général de l'Ordre du Phénix, Harry attendra toujours des explications sur ce qui se passe réellement, malgré les renseignements donnés par son parrain, Sirius Revenu à Poudlard, collège des sorciers, Harry attendra avec une angoisse grandissante le retour de l'ami Hagrid, le demi-géant, qu'il soupçonne d'être en mission pour l'Ordre et qui tarde à revenir. Aux aguets, il se demandera sans cesse quelles méchancetés lui réservent les professeurs Ombrage et Rogue, qui le détestent. E t surtout, il attendra une parole, un regard du professeur-directeur Dumbledore, parole et regard qui ne viendront pas. Harry éprouve un très fort sentiment d'injustice car il a l'impression très nette que tous-Dumbledore en tête-ont oublié ses victoires contre Voldemort et qu'il est traité en enfant, protégé sans doute, mais irresponsable. .

La colère Il semble bien que la colère, dans ce cinquième tome, fasse partie du quotidien de Harry. Il commence à s'énerver à cause de cette « attente » de nouvelles qui l'obsède, a cause aussi des méchancetés de sa famille. Il taquinera son cousin Dudley d'une manière assez…féroce…(Et cependant, il lui sauvera la vie au moment du danger)A Poudlard, la colère de Harry va monter ; il s'opposera parfois avec fureur aux professeurs Rogue et Ombrage, qui lui font payer cher ses insolences…. ou les vérités qu'il ose dire !Harry est aussi furieux contre les camarades qui le prennent pour un menteur et un fabulateur et surtout qui ne croient pas à son dernier duel avec Voldemort et aux dangers qu'il a courus. Il en veut au Ministre de la Magie qui ne croit pas au retour de Voldemort. Il en veut à Dumbledore de son indifférence….
La colère qui bouillonne en lui est telle qu'il s'en prend parfois à ses meilleurs amis. Donnons-en pour preuve la conversation suivante :Ron, Hermione et Harry sont réunis ; les deux garçons parlent d'un camarade qui prend Harry pour un menteur. « Harry s'attendait à ce qu'Hermione s'indigne en prenant sa défense, mais elle se contenta de soupirer : -Oui, Lavande(une camarade de classe)pense la même chose, dit-elle d'un ton affligé. -Et là-dessus, vous avez bavardé aimablement pour savoir si j'étais oui ou non un petit crétin qui cherche à faire parler de lui ?demande Harry d'une voix sonore. -Pas du tout, répondit calmement Hermione. En fait, je lui ai dit qu'elle ferait bien de la fermer une bonne fois pour toutes. Et ce ne serait pas mal si tu arrêtais de nous sauter à la gorge à tout propos, Harry, parce que, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Ron et moi, nous sommes de ton côté Il y eut un bref silence

-Désolé, dit Harry(p. 258) car Harry a bon cœur et il aime ses amis…. Il sait d'ailleurs se dominer, dans certaines circonstances. Les professeurs Ombrage et Rogue en savent quelque chose. Et sa colère, voire parfois sa rage, ont en fait, leur source dans une immense souffrance, qui a bien des facettes….
La souffrance Au cours des vacances, la souffrance de Harry viendra de l'attente et d'un sentiment d'injustice et de frustration. Il va apprendre aussi que son ami Ron est nommé « préfet ». Il reconnaît les qualités de Ron, mais sa déception est grande ; sans doute espérait-il, plus ou moins confusément, être nommé à ce poste ; une fois de plus, il a l'impression d'être oublié Revenu à Poudlard, Harry va beaucoup souffrir de l'attitude de ses condisciples. La plupart se méfient de lui, beaucoup lui sont hostiles. Le pire sera une conversation avec un camarade de dortoir qu'Harry aimait bien, Seamus. Celui-ci lui raconte un soir que sa mère ne voulait pas qu'il retourne au collège à cause de lui, Harry, mais aussi de Dumbledore, parce qu'elle croyait tout ce que disait le journal des sorciers qui, tout l'été, avait ridiculisé Harry et Dumbledore. Alors, répond Harry : « -Elle pense que je suis un menteur et Dumbledore un vieux fou ? Seamus leva les yeux vers lui. -Ouais, quelque chose dans ce goût-là. Harry ne répondit rien » Mais il est profondément peiné….
La souffrance infligée par deux professeurs ; Rogue et Ombrage, à longueur d'année, ne sera pas moins vive, d'autant plus, sans doute, qu'Harry restera impassible devant les intéressés. Rogue éprouve une haine profonde et durable pour Harry dont il a bien connu le père, son condisciple à Poudlard. Harry finit par savoir pourquoi. Rogue est chargé de lui donner des cours privés d'occlumancie . L'occlumancie est la science qui permet de faire le vide dans sons esprit et d'empêcher quiconque d'y insérer ses propres pensées ou d'avoir accès à ses pensées personnelles. En conséquence Rogue essaiera de pénétrer dans l'esprit de Harry qui devra se défendre et empêcher cette intrusion. Mais l'inverse se produira une fois :Harry entrera dans les souvenirs de Rogue et apprendra que ce dernier a été un enfant malheureux, mal aimé de ses parents. De plus, Harry réussira, en profitant d'une absence de Rogue à pénétrer dans la « pensine », sorte de substance magique où Rogue avait déposé les pensées dont il voulait momentanément se débarrasser. Il saura ainsi que son père et ses amis-dont son parrain Sirius-tourmentaient Rogue de façon assez cruelle ; son père allait même jusqu'à dire que le seul reproche qu'il pouvait faire à Rogue, c'était d'exister !Rogue surprit Harry et le chassa de son bureau. Il refusa désormais de lui faire travailler l'occlumancie !Harry souffrit moins de l'attitude de Rogue que de savoir que le père qu'il admirait tant avait agi avec si peu de cœur. Le cas du professeur Ombrage est un peu différent.
Assistante de Fudge, Ministre de la Magie, elle fut du jury devant lequel Harry avait dù paraître pour usage abusif de la magie et qui le reconnut innocent. Elle le déteste depuis ce moment là . Laide, presque obèse, elle a une tête qui ressemble à celle d'une grosse grenouille, les manières et la voix d'une petite fille ; c'est quand sa voix est le plus douce qu'elle prépare les pires méchancetés. Nommée professeur à Poudlard, puis directrice après le départ fracassant de Dumbledore, puis grande inquisitrice-le mot veut tout dire-elle s'acharnera contre Harry ?Elle lui interdira, entre autres, de jouer au quiddish, le sport des sorciers où il excelle. Elle fera ses délices d'une certaine retenue. Harry avait soutenu devant elle que Voldemort était vraiment revenu(tout le ministère de la magie soutenait le contraire) Elle le punit d'une retenue de plusieurs jours. Harry arriva donc, après le repas du soir, dans son bureau. Le passage mérite d'être cité car il montre comment Ombrage associe douleur physique et punition….
« Elle lui tendit une plume mince et noire dont l'extrémité était anormalement pointue. -Je veux que vous écriviez : »Je ne dois pas dire de mensonge »poursuivit-elle à mi-voix. -Combien de fois ?demanda Harry d'un ton qui imitait d'une manière assez convaincante celui de la politesse. -Oh !autant de fois qu'il le faudra pour que le message rentre, répondit Ombrage d'une voix doucereuse. Allez-y. Seulement la plume écrivait aussi le message sur le dos de sa main droite, tracé dans sa peau comme avec un scalpel. » Harry subira ce supplice pendant plusieurs soirs et les séances duraient jusqu'à minuit. Stoïque, il ne montrera pas sa douleur, toujours plus intense, à la grande rage d'Ombrage. Car Ombrage veut avant tout dominer, imposer sa loi à tous. Harry ne sera pas sa seule victime, mais sûrement la victime préférée dont elle ne viendra jamais à bout ! Nous arrivons maintenant à ce qui est peut-être la plus grande souffrance de HarryCar il ne comprend pas l'attitude de Dumbledore à son égard.
Dumbledore ignore Harry. Certes, il le fait protéger-à son insu-, le soutient lors de sa parution devant le conseil de discipline, mais ne lui parle plus, refuse même de rencontrer son regard Harry ne comprend pas ; sa souffrance est telle qu'il éprouve parfois une grosse colère contre Dumbledore :il a parfois envie de le frapper, de le mordre…. Les choses changeront un peu lorsque Harry et bon nombre de ses condisciples seront pris en flagrant délit de réunion illégale, puisque Harry enseignait clandestinement comment se défendre en pratique contre les forces du mal(le professeur Ombrage n'admettant que la théorie dans ses cours) ; il pensait assumer ses responsabilités, quitte à être renvoyé. C'est Dumbledore, par des signes presque imperceptibles du menton et de la tête, qui lui conseillera de nier et prendra sur lui toute la responsabilité de l'affaireAu cours de cette réunion dramatique, Dumbledore va disparaître de son propre gré et ne reviendra qu'à la fin pour sauver la situation, la bataille entre Harry et ses amis Voldemort et ses partisans , bataille où Sirius trouvera la mort… Et cette mort de Sirius sera une immense souffrance pour Harry ; il n'arrive pas à croire à la mort de l'ami très cher de ses parents, de celui avec qui il souhaitait de vivre… …. . et à tout cela s'ajoute une douleur physique, celle de sa cicatrice qui le fait terriblement souffrir, qui est fréquente et qui, souvent, est liée à ses rêves….

Les rêves

Car Harry est obsédé par ses rêves…faut-il dire ses cauchemars ?Le premier rêve, qui se répète souvent, est assez compréhensible. Harry, stressé par son duel tragique avec Voldemort(fin du quatrième volume) et par la mort de son condisciple Cédric, revoit en rêve les évènements qui se sont déroulés dans le cimetière où Voldemort l'avait piégé. Mais, durant sa cinquième année à Poudlard, ses rêves prendront une forme différente. Il rêvera souvent d'un couloir qui mène à une porte fermée. C'est alors qu'il fera un rêve particulièrement impressionnant. Il voit d'abord Cho(une camarade avec laquelle il avait ébauché une idylle qui tournera court) et Hermione. Tout-à-coup son rêve change et devient tragique. Il se sent devenir serpent. Il rampe le long du couloir qu'il voyait si souvent dans ses songes. Au bout de ce couloir, un homme endormi se réveille, se redresse, sort sa baguette magique…. Alors… Harry « dressait la tête le plus haut possible et frappait une fois, deux fois, trois fois, plongeait profondément ses crochets dans la chair de l'homme. Il sentait ses côtes se briser sous sa morsure, il sentait le flot de sang tiède…. L'homme hurlait de douleur. Puis il se taisait, tombait en arrière et s'effondrait contre le mur. Du sang se répandait sur le sol. »(p. 521-22)
Son ami Ron le réveille. Harry lui raconte rapidement son rêve, car c'est le père de Ron qui est en train de mourir. Ron lui répond simplement qu'il a rêvé. Il fallait que Ron comprenne. « Ce n'était pas un rêve…pas un rêve ordinaire…. J'étais là, je l'ai vu…je l'ai fait… » (p. 522)Malheureux et terrifié, Harry croit que c'est lui le serpent. Serait-il possédé par Voldemort ?Conduit par le professeur Mac Gonagall et Ron chez Dumbledore, celui-ci l'écoute et s'obstine à ne pas le regarder. Il lui demande cependant : »Etiez-vous à côté de la victime ou observiez-vous la scène du dessus ?…La question était tellement étrange que Harry regarda Dumbledore bouche bée…J'étais le serpent, répondit-il, j'ai tout vu par l'œil du serpent. »(p. 526)Une délicate opération magique faite sur-le-champ avec l'un de ses mystérieux petits instruments, rassura Dumbledore :Harry n'était pas possédé par Voldemort mais il pouvait « sentir » l'esprit de ce dernier et cela marchait désormais en sens inverse :Voldemort pouvait agir par le rêve sur Harry. Il envoya séance tenante ce dernier et les enfants Weasley au quartier général de l'ordre du Phénix pour les mettre momentanément à l'abri. Grâce au rêve de Harry, le père de Ron fut sauvé. Toutefois Harry était très malheureux car il avait terriblement peur que Voldemort se soit emparé de son esprit.
Sirius essaya de le convaincre du contraire. Mais c'est la petite Ginny, jeune sœur de Ron, qui le rassura. Deux ans auparavant, elle avait été elle-même possédée à son insu par Voldemort et c'est Harry qui l'avait sauvée. Elle décrivit les symptômes « réels » de cette possession et Harry comprit qu'il n'en avait vécu aucun. En fait, ce que craignait Dumbledore, c'est que, capable d'intervenir dans les rêves de Harry, le seigneur du mal ne finisse par connaître ses pensées à lui, s'il les communiquait à Harry. Celui-ci ne le saura que plus tard !D'où les fameux cours d' »occlumancie » pour que Harry apprenne à faire le vide dans son esprit et le ferme ainsi à toute intrusion. Mais Harry sera mauvais élève et Rogue très mauvais professeur !

Les rêves vont continuer…avec une curieuse progression. Harry rêvera du couloir au bout duquel s'ouvrira enfin la porte fermée ; d'autre couloirs, d'autres portes qui s'ouvrent, enfin des salles successives pour arriver finalement à une grande salle garnie d'étagères ; toutes supportent de petites sphères transparentes…A partir de ce moment, Voldemort pourra tendre le piège qui conduira à une véritable bataille rangée entre ses partisans et les amis de Dumbledore et de Harry ! Mais il est d'autres personnages importants ; et d'abord les deux amis les plus chers de Harry :Ron et Hermione.

RON ET HERMIONE

Ils se disputent souvent, se boudent, mais sont liés par une solide amitié. Ron est un tout petit peu jaloux de Harry, et pourtant c'est un ami fidèle. Il prendra peu à peu conscience de ses possibilités, avec l'aide de Harry. Avant la rentrée au collège, Ron apprend par une lettre officielle qu'il est nommé préfet (préfet et préfète :élèves de veiller à l'ordre et à la bonne marche de chaque « maison »)Immédiatement Ron est en butte à la moquerie de ses deux frères aînés, George et Fred, inséparables. » Aucune personne saine d'esprit n'aurait l'idée de nommer Ron préfet… » et »Préfet, le petit Ronnie préfet… »

Pour la première fois Ron passe avant Harry. Il saura exercer son autorité. Ainsi, de retour au collège, au cours d'une discussion avec un élève, Seamus, qui doute de la bonne foi de Harry, Ron affirme énergiquement qu'il a confiance en Harry et qu'il le croit. Seamus réplique assez durement : « Dans ce cas, toi aussi , tu es fou, dit Seamus d'un ton dégoûté. -Ah oui ?malheureusement pour toi, mon vieux, il se trouve que je suis aussi préfet ! répondit Ron en tapotant son insigne. Alors, si tu veux éviter une retenue, fais un peu attention à ce que tu dis ! »(p. 249) Le sport propre aux sorciers est le Quiddish, jeu très compliqué, qui se joue sur balais et requiert beaucoup d'habileté de tous ses participants. Ron va désormais être l'un d'entre eux. Il est certes doué, mais son manque de confiance en lui fait de lui un très mauvais joueur, capable du meilleur comme du pire. Harry l'aidera de tout son pouvoir. Peu à peu, malgré les moqueries, il prendra de l'assurance et fera gagner son équipe. Quant à Hermione, les livres précédents nous la présentent comme une élève extrêmement consciencieuse, sans doute un peu trop livresque, un peu pédante. C'est elle qui pousse Harry et Ron au travail, les aide de son mieux. Au cours du cinquième volume, elle montrera toute la richesse de sa personnalité.
Elle continue à stimuler Harry et Ron, parfois de façon énergique : « Qu'est-ce qui se passerait, demanda-t-elle avec froideur, …. si je refusais de vous donner mes notes cette année ? -Nous raterions nos BUSE(brevet universel de sorcellerie élémentaire), répondit Ron. Si tu veux avoir ça sur la conscience…. -En tout cas, vous le mériteriez, répliqua-t-elle d'un ton cinglant… »(p. 261) Elle est aussi courageuse et calme. Elle n'hésita pas à mettre le professeur Ombrage dans l'embarras, devant toute la classe. Professeur de défense contre les forces du mal, et selon les ordres du ministère de la magie, Ombrage veut s'en tenir à la simple théorie. Hermione n'hésite pas à lui démontrer avec beaucoup de bons sens et de calme, l'absurdité de la suppression des cours pratiques.
Ce qui rend Ombrage furieuse. Elle montrera aussi beaucoup de courage en essayant d'aider leur grand ami Hagrid. Elle est aussi prudente…et met souvent Harry en colère par ses conseils de sagesse ! Hermione est également très intuitive. Elle comprend très bien les réactions d'autrui et saisit avec beaucoup de finesse les situations, les traits de caractère de chacun. . Un jour que Harry se révoltait contre l'attitude des élèves qui le considéraient comme un fabulateur, Hermione va lui expliquer la situation : « Tu n'as pas bien compris qu'elle a été l'ambiance générale après les faits(fin du quatrième volume :le tournoi, l'affrontement entre Harry et Voldemort, la mort de Cédric), répondit Hermione…Tu as réapparu au milieu de la pelouse, cramponné au cadavre de Cédric…. Aucun de nous n'avait vu tout ce qui s'était passé dans le labyrinthe…Nous avons dù croire Dumbledore sur parole quand il a dit que tu-Sais- Qui était revenu, qu'il avait tué Cédric et que tu t'étais battu contre lui. -Et c'est la vérité, dit Harry d'une voix forte. -Je le sais, Harry !Tu veux bien arrêter, s'il te plaît, de me sauter à la gorge chaque fois que je dis quelque chose ?réplique Hermione d'un ton las. Simplement, avant d'avoir eu le temps d'assimiler la vérité, tout le monde est parti en vacances et à passé deux mois à lire dans le journal que tu étais devenu cinglé et Dumbledore sénile »(p. ) Hermione a très bien compris. De plus, elle est capable d'initiatives importantes. Elle préparera une interview-qui sera publiée- au cours de laquelle Harry pourra raconter ce qui s'était réellement passé ; elle organisera des cours clandestins et c'est Harry qui enseignera aux volontaires comment se défendre contre les forces du mal, en pratique. Elle est très experte en magie et n'hésitera jamais à en user pour débloquer une situation embarrassante ; elle trouvera avec une rapidité étonnante le moyen de neutraliser Ombrage-juste avant la bataille finale !

GINNY

La petite Ginny…. la plus jeune des enfants Weasley…la seule fille. On n'en parle guère, sauf dans le deuxième tome :Harry Potter et le chambre des secrets. Ginny, qui se sent très seule, sera ensorcelée par Voldemort, par l'intermédiaire d'un livre mystérieux où elle croit trouver un confident et un conseiller. Elle tombera bien involontairement sous l'emprise de Voldemort, ouvrira la chambre des secrets et y pénètrera. Harry la découvrira, mourante, et la sauvera après avoir tué le basilic, horrible serpent gardien des lieux. Mais la petite Ginny se révèle dans le cinquième volume. Elle est toujours discrète mais ses interventions sont pleines de bon sens. Un exemple parmi d'autres :lorsque tous sont réunis au Quartier général de l'Ordre du Phénix, les enfants sont chargés du nettoyage de la maison. Ils découvrent une boite à musique ; couvercle levé, elle chante d'une manière horrible ; tous sont médusés ; par contre, Ginny va tout simplement fermer le couvercle et tout rentre dans l'ordre…
Dans le train qui les ramène à Poudlard, leur ami Neville, à la suite d'une maladresse, fait répandre à un cactus un liquide qui sent horriblement mauvais et empeste tout le compartiment. Personne ne sait que faire… : « Ce n'est pas grave, dit Ginny d'une voix décidée. On va se débarrasser de tout ça très facilement ». Elle sortit sa baguette magique et s'écria : -Récurvite ! L'Empestine se volatilisa aussitôt »(p. 215) L'un des frères jumeaux de Ginny, George, va lui rendre justice au cours d'une conversation avec Harry : « La puissance ne dépend pas de la taille, ajouta George. Regarde Ginny, par exemple ! -Qu'est-ce que tu veux dire ?s'étonna Harry. -Tu ne t'es jamais pris sur la figure un de ses maléfices de Chauve-Furie ? » Et la petite Ginny en a d'autresQuand Harry a tellement peur d'être possédé par Voldemort, elle lui décrira les symptômes qui accompagnent la possession et Harry découvrira qu'il n'en a jamais éprouvé aucun. Lorsque le professeur Ombrage va punir Harry en lui interdisant de jouer au quiddish, c'est encore Ginny qui va le remplacer- avec succès-au poste d'attrapeur . Ses frères découvrent avec stupeur ses qualités et son habileté à manier son balai. C'est Hermione qui donnera la clef de l'énigme. « Depuis l'âge de six ans, elle force la porte de votre remise à balais, dans le jardin, et vole sur chacun de vos balais à tour de rôle quand vous n'êtes pas là, révéla Hermione derrière sa pile vacillante de livres consacrés aux anciennes runes. »(p. 644) Puisque nous en sommes à la famille Weasley, disons un mot des frères de Ginny et de Ron.
Les deux aînés, Bill et Charlie, ont déjà quitté Poudlard et travaillent l'un en Roumanie, l'autre en Egypte. Ils n'interviennent qu'épisodiquement. Le troisième, Percy, a quitté également le collège et travaille au Ministère de la magie. Il est devenu, malgré sa jeunesse, l'adjoint de Fudge, le ministre lui-même Or ce dernier est un adversaire résolu de Dumbledore et de Harry. Il affirme que Dumbledore- dont il est jaloux- est sénile et Harry un gamin menteur et fabulateur ; il refuse donc de croire au retour de Voldemort. Par ambition, Percy prendra son parti aveuglément, se disputera avec son père qu'il traitera avec mépris, quittera sa famille et refusera même de voir sa mère. On n'en sait pas plus dans le cinquième tome. mais revenons à un fidèle de Harry dont l'évolution est étonnante

NEVILLE

Neville appartient à une famille de sorciers. Il vit avec sa grand-mère, car ses parents ont été torturés si cruellement par Voldemort qu'ils en sont devenus fous. Depuis des années, ils sont hospitalisés à Sainte-Mangouste, l'hôpital des sorciers. C'est le secret de Neville. Harry et les Weasley le découvriront en allant voir monsieur Weasley après l'attentant dont il fut victime. Eux aussi garderont le secret. La grand-mère de Neville n'est pas très tendre avec lui ; loin de l'encourager, elle lui rappelle constamment qu'il est loin de valoir son grand-père qui fut un grand sorcier Neville est gentil, mais il a peu de mémoire, il oublie tout.
De plus il est très maladroit, peu sûr de lui et prête plutôt à rire. Et pourtant il révèle peu à peu ses qualités. Il travaille avec ténacité, surtout aux cours clandestins de défense pratique , et obtient de très bons résultats. Fidèle à ses amis et courageux, il n'hésite pas à attaquer Malefoy, l'ennemi de Harry, pour une méchante parole ; heureusement pour lui , Harry arrête la bagarre en le retenant. . Pendant un des cours clandestins de Harry, il réussit à étonner celui-ci : « Expelliarmus !dit soudain Neville et Harry, pris par surprise, sentit sa baguette lui échapper.
-J'y suis arrivé !s'exclama Neville d'un air ravi. Je ne l'avais encore jamais fait et j'y suis arrivé. -Bien joué, dit Harry pour l'encourager. » A partir de ce moment, Neville fera des progrès constants. Il »pratiquait sans relâche chaque mauvais sort ou contre-maléfice que leur enseignait Harry, son visage lunaire tendu par la concentration. Apparemment indifférent aux blessures et aux accidents, il travaillait avec plus d'acharnement que tous les autres. Ses progrès étaient tels qu'ils en devenaient troublants et lorsque Harry leur enseigna le charme du Bouclier (un moyen de renvoyer à l'attaquant les maléfices mineurs)seule Hermione parvint à maîtriser le charme plus vite que Neville. »(p. 62O-621)Il montrera un superbe courage au cours de la bataille finale. Et maintenant…. .

LES PROFESSEURS…. …. au moins ceux qui joueront un rôle particulièrement important !

OMBRAGE C'est la dernière venue…. elle n'est certes pas la bienvenue !Nous connaissions déjà Ombrage avant son arrivée à Poudlard. Elle faisait partie du jury chargé de juger Harry pour avoir usé de magie devant des « moldus »Il s'était défendu-et avait défendu son cousin- contre deux « détraqueurs, les terribles gardiens de la prison des sorciers. Dudge, le ministre de la magie, l'adversaire de Dumbledore, est prêt à condamner Harry et à le faire renvoyer du collège. Ombrage est son adjointe et adopte entièrement ses points de vue.
Elle est laide et vêtue avec mauvais goût. Le soir de son arrivée à Poudlard, elle se fera remarquer par son impolitesse :elle se permettra d'interrompre le discours de bienvenue du directeur et de montrer, de manière subtile, son intention d'être « la patronne » à Poudlard-ce qu'Hermione comprendra fort bien. Soutenue par Fudge, elle sera de plus en plus autoritaire et fera preuve d'une véritable méchanceté dans l'exercice de ses fonctions. Elle dirigera de façon arbitraire le collège après le départ fracassant de Dumbledore et se fera nommer « la grande inquisitrice « du collège, encouragera la délation. . . peut-on penser qu'elle est une « Mangemort »(nom des partisans de Voldemort) ?Il ne le semble pas. Mais elle est méchante jusqu'au sadisme, imbue d'elle-même, prétentieuse, dominatrice, sans doute amoureuse de Fudge et, vraisemblablement, peu intelligente. Elle va disparaître juste avant la bataille finale, grâce à un stratagème d'Hermione :conduite dans la Forêt interdite, elle y sera prisonnière des centaurses et ne sera délivrée que par Dumbledore, à son retour Poudlard.

ROGUE Le professeur Rogue enseigne comment réaliser des potions magiques. Il est revêche, antipathique, mal soigné dans sa tenue(ses cheveux longs et gras ont une certaine notoriété)Il déteste Harry pour une seule raison :Harry ressemble à son père, James, qui fut le condisciple de Rogue, en ce même collège de Poudlard. James avaient de brillantes qualités que Rogue enviait ; il faut d'ailleurs reconnaître que James n'était pas tendre pour Rogue :il se moquait de lui , le méprisait et l'humiliait parfois cruellement devant leurs camarades. Ancien mangemort, il s'était rallié sincèrement aux amis du bien et Dumbledore lui faisait confiance. Mais il déteste Harry, est injuste avec lui, le tourmente et sa haine ne cessera d'augmenter au fil du récit.

MAC GONAGALL C'est le professeur de métamorphose(elle-même peut se transformer en chat)Déjà âgée, elle est énergique, maîtresse d'elle-même, très courageuse tout en restant prudente. C'est un grand cœur sous une écorce un peu rude. Elle travaille la main dans la main avec Dumbledore. Elle a confiance en Harry et le protège tant qu'elle le peut, discrètement. Elle le fera comprendre à Harry au cours d'une conversation mémorable. Celui-ci s'était violemment opposé à Ombrage, pendant un cours. Celle-ci l'envoie remettre séance tenante un message au professeur Mac Gonagall, directrice de la maison dont Harry fait partie :les Gryffondor. Mac Gonagall lit le message et demande à Harry de lui dire exactement ce qui s'était passé. Harry avoue le vérité :oui, il s'est opposé à ombrage, il l'a traitée de menteuse ; il lui a bien affirmé que Celui-Dont-On-Ne –Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était de retour. A sa grande surprise, le professeur Mac Gonagall lui parle d'une voix basse et anxieuse. Elle lui rappelle qu'Ombrage fait ses rapports au ministre de la magie et lui annonce sa retenue….
La fin du dialogue est très claire : »Pour l'amour du ciel, Potter ! s'exclama le professeur mac Gonagall en rajustant ses lunettes avec colère…. Il ne s'agit pas de vérité ou de mensonge, il s'agit d'adopter un profil bas et de contrôler vos humeurs Elle se leva, les narines et les lèvres plus pincées que jamais. Harry se leva à son tour. -Prenez un autre biscuit, dit-elle d'un ton irrité en poussant la boîte vers lui. -Non, merci, répondit froidement Harry. -Ne soyez pas ridicule, lança-t-elle sèchement. Il prit un biscuit -Merci, dit-il à contre-cœur. -Vous n'avez donc pas écouté le discours de Dolorès Ombrage, le jour du festin, Potter ? -Si, répondit Harry. Si…. elle a dit…. que les progrès seraient interdits…enfin, ça signifie que…que…le ministère essaye d'intervenir dans les affaires de Poudlard. Le professeur Gonagall le dévisagea pendant un bon moment puis elle contourna son bureau et alla lui ouvrir la porte. -Au moins, je suis heureuse que vous écoutiez Hermione Granger, dit-elle en lui faisant signe de sortir. »(p. 284) Harry sait que le professeur Mac Gonagall est une alliée sûre.
Elle le prouvera encore, avec un grand courage, en présence même d'Ombrage, plus hostile que jamais. En effet, vers la fin de la cinquième année, les élèves doivent choisir une orientation. Convoqué chez le professeur Mac Gonnagall, en présence d'Ombrage, Harry exprime son désir de devenir Auror, c'est-à-dire un spécialiste de la poursuite des mangemorts, un véritable soldat du bien. Il essuie les sarcasmes d'Ombrage, il est soutenu par Mac Gonagall. La discussion est serrée. Finalement, Ombrage pense imposer sa décision : « Potter n'a aucune chance de jamais devenir un Auror ! Le professeur Mac Gonagall se leva à son tour, ce qui était beaucoup plus impressionnant. Elle domina de toute sa hauteur le professeur Ombrage :. -Potter, dit-elle d'une voix claironnante, je vous aiderai à devenir un Auror, même si c'est la dernière chose que je dois faire dans ma vie !même s'il faut pour cela que je vous donne des cours particuliers chaque soir, je veillerai personnellement à ce que vous obteniez les résultats requis ! »(p. 747)…. …. à la grande fureur du professeur Ombrage ! Disons maintenant un mot de celui qui, pour Harry, est toute sa famille :son parrain. .

SIRIUS Qui est Sirius ? Sirius appartient à une famille de sorciers qui possédaient la maison même où est installé le Quartier général de l'Ordre du Phénix. Elève au collège de Poudlard, il fut le grand ami de James Potter, le père de Harry. Ses parents-surtout sa mère-ne semblent pas l'avoir aimé. Ils lui préféraient son jeune frère (adepte de Voldemort, celui-ci finit par refuser de le suivre et fut tué sur son ordre). Les parents eux-mêmes n'étaient pas des mangemorts, mais partageaient les idées de Voldemort sur « le sang pur » et ne reconnaissait pour authentiques sorciers que ceux issus d'une famille de sorciers, sans aucun parent « moldu ». Sirius, horrifié par la mentalité de ses parents et de sa famille, quitta la maison très jeune et passa ses vacances avec James. Un peu plus tard, sorti du collège, il vécu seul, grâce à un héritage, et fut reçu très souvent chez les parents de Harry, James et Lily. Il fut le parrain de Harry. Harry était encore un bébé quand Voldemort assassina ses parents ; il fut sauvé par le sacrifice de sa mère qui donna sa vie pour le protéger. Voldemort essaya cependant de le tuer , mais il ne lui fit qu'une cicatrice au front. Voldemort perdit à peu près tous ses pouvoirs et fut réduit à une espèce de « chose » à peine vivante. Ce fut sa première défaite. C'est vers ce moment là que Sirius fut accusé du meurtre de plusieurs »moldus » alors qu'il n'avait aucunement déclenché la bagarre où ils avaient péri ; de plus il était innocent de leur mort. A l'époque, personne ne voulut le croire. Il fut prisonnier douze ans à Azkaban, la terrible prison des sorciers. Il réussit à résister au pourvoir des détraqueurs. Il s'évada(troisième tome), fut repris dans le parc de Poudlard. Enfermé au château, il réussit à s'évader à nouveau avec l'aide d'Harry, Hermione et la complicité discrète de Dumbledore qui croit à son innocence . Dans le cinquième tome, il fait partie de l'Ordre du Phénix, prête sa maison au Quartier général de l'Ordre. Il doit, sur l'ordre formel de Dumbledore, y demeuré caché et souffre de ne pas être plus actif. Mais Dumbledore tient à sa sécurité, car il est toujours recherché par le ministère de la magie. De plus, Dumbledore connaît le courage et l'impétuosité de Sirius, son goût du risque et ne veut pas qu'il s'expose inutilement à être repris par les détraqueurs. Sirius est très malheureux pour son inutilité apparente Il a pour Harry une très grande affection. C'est un peu comme si ce dernier lui . rendait son ami James, le père de Harry. Pour Harry, il prendra tous les risques. Grâce à la poudre magique de « cheminette » , il apparaîtra à son filleul et ses amis Hermione et Ron, dans la cheminée de la grande salle des Gryffondor, dans la nuit. Il leur transmettra d'abord un message de madame Weasley :qu'ils renoncent au groupe –illégal- de défense contre les forces du mal, dont Harry est le professeur :c'est trop dangereux. Ron se rebelle : « Alors vous voulez m'entendre dire que je ne participerai pas au groupe de défense ? marmonna enfin Ron. -Moi ?certainement pas !répondit Sirius, surpris. Je crois au contraire que c'est une excellente idée. -Vraiment ?dit Harry-qui se sentit soudain plus léger. -Bien entendu, assura Sirius. Tu crois donc que ton père et moi, on se serait couchés et qu'on aurait obéi aux ordres d'une vieille harpie comme Ombrage ? -Mais l'année dernière, tu n'as pas arrêté de me dire que je devais être prudent et de ne pas prendre de risques…. -L'année dernière, nous avions tout lieu de penser que quelqu'un, à l'intérieur de Poudlard essayait de te tuer, répliqua Sirius, agacé. Cette année, nous savons qu'il y a quelqu'un, à l'extérieur de Poudlard, qui aimerait bien nous tuer tous et voilà pourquoi apprendre à vous défendre efficacement me semble être une très bonne idée ! »(p. 420-421) C'est à ce moment qu'apparaît la main d'Ombrage ; heureusement Sirius à déjà disparu. Toutefois cet entretien laisse Hermione pensive. Elle ne met pas en doute l'honnêteté de Sirius , son grand attachement à Dumbledore dont il est un partisan convaincu, son affection pour Harry. Cependant elle craint un peu son impulsivité et sa déception de ne pas être plus actif : « Je crois qu'il se sent très frustré de ne pas pouvoir faire grand-chose là où il est…. Alors j'ai l'impression qu'il nous pousse à agir à sa place. »(p. 427) Par ailleurs, lorsqu 'Harry arrivera, au milieu des vacances d'été, au Quartier général de l'ordre du phénix, Sirius lui donnera des explications sur la situation, alors que Dumbledore ne souhaitait pas que Harry en sache trop (en fait, il le trouve encore trop jeune). Sirius lui dira tout ce qu'il lui est possible, mais laisse littéralement « échapper » une information :Avant d'agir, Voldemort cherche une arme…. quelle arme ?Sirius reste muet…Et Harry reste impressionné : l'arme que cherche Voldemort…serait-ce lui ?Harry ? Il nous reste encore un personnage des plus importants….

DUMBLEDORE On le sait, Dumbledore est le directeur du collège des sorciers de Poudlard. Il est le seul sorcier dont Voldemort aie peur. Il sait à peu près tout ce qui se passe. C'est lui qui a pris toutes les décisions concernant Harry. Il a pour ce dernier une grande affection qu'il n'extériorise guère ; il veille sur lui, l'encourage le protège, mais lui laisse prendre ses décisions, en d'autres termes, il respecte sa liberté. Il sait qu'Harry est la clef de la lutte contre Voldemort, que lui seul peut lutter contre lui car Voldemort le considère comme celui qui est son principal adversaire puisqu'il a réussi, bébé d'un an , à lui faire perdre à peu près tous ses pouvoirs et à le réduire à une sorte de larve à peine humaine qui ne peut agir que si elle habite le corps d'un autre(ce qui arrivera, bien sûr, dans chaque volume).
C'est à la fin du quatrième volume que nous saurons, qu'après une lutte terrible avec Harry, que Voldemort retrouvera une partie de ses pouvoirs, grâce au sang de Harry, qu'il a blessé :tous deux sont maintenant à égalité. Dumbledore le sait. Dans le tome suivant-le cinquième-il continuera à protéger Harry, mais le tiendra à distance-au moins apparente- sans jamais lui parler et sans le regarder. (Ce qui peine profondément Harry et l'exaspère en même temps). Dumbledore est d'une intelligence supérieure, d'une culture extraordinaire, et, en même temps , il a un cœur plein d'amour pour les humains ; il sait donner à chacun une « deuxième chance » ; il sait pardonner(il semble être à peu près le seul). De plus , il est plein d'humour . . Cependant il ne manque pas d'autorité ;
. un seul exemple :à la fin du quatrième volume(Harry et la coupe de feu)Harry est très éprouvé par la lutte qu'il vient de soutenir contre Voldemor et le décès de son camarade Cédric. Le professeur Mac Gonagall veut immédiatement l'envoyer à l'infirmerie. Dumbledore s'y oppose : » « Il doit rester, Minerva, répliqua Dumbledore d'un ton abrupt. Harry a besoin de comprendre ce qui s'est passé. Il est nécessaire de comprendre la réalité avant de pouvoir l'accepter et seule l'acceptation de la réalité peut permettre la guérison. Il faut qu'il sache qui lui a imposé l'épreuve qu'il a subie ce soir et pourquoi » (p. 710). En toutes circonstances, Dumbledore est aussi d'un calme extraordinaire ; ce calme exaspère ses adversaires. . et leur fait perdre le leur…. Il se montrera remarquable dans les explications qu'il donnera à Harry, après la bataille finale… Nous en reparlerons…

Il y a d'autres personnages, certes…Hagrid, toujours égal à lui-même. . ; les autres professeurs…les elfes de maisons :Dobby, le fidèle. . ; Kreattur, l'elfe de Sirius qui trahira son maître…. sans compter Buck l'hippogriffe …les êtres de la forêt interdite …entres autres les centaures qui joueront un rôle important …les hiboux…. et d'autres personnages secondaires…Il faut se limiter…. et nous passerons maintenant au moment crucial de la bataille, moment où les personnages dont nous avons cité l'évolution se révèleront dans toutes leurs possibilités…

La manifestation de l'évolution des principaux personnages :la BATAILLE finale

On ne peut en parler-même en résumant- sans dire un mot des évènements qui la précèdent immédiatement :le rêve de Harry, la trahison de Kreattur, l'intervention d'Ombrage et sa « neutralisation » par Hermione, le voyage et l'arrivée dans les sous-sol du Ministère de la magie, la découverte de la petite sphère…. Le rêve de Harry Les élèves de 5° année sont en plein examen. Cet après-midi-là, c'est l'épreuve d'Histoire de la magie. Il fait très chaud. Harry est très fatigué et tombe de sommeil. Il arrive au bout du questionnaire, péniblement, dans un état de veille coupé de périodes de somnolence. Il lutte contre le sommeil, mais finalement il s'endort…et le rêve commence . . . . « Il marchait à nouveau dans le couloir sombre et frais qui menait au département des mystères.
Parfois, il se mettait à courir, décidé à atteindre enfin son but…. La porte noire s'ouvrait, comme d'habitude, et il se retrouvait dans la salle circulaire avec toutes les autres portes…. Il la traversait en arpentant le sol de pierre et franchissait la deuxième porte…toujours les taches de lumière sur les murs et cet étrange cliquetis mécanique, mais pas le temps d'explorer les lieux, il fallait se dépêcher…. Il parcourait au pas de course les quelques mètres qui le séparaient de la troisième porte. Elle s'ouvrait comme les autres…. Une fois de plus, il se retrouvait dans la salle vaste comme un cathédrale, remplies d'étagères et de globes de verre… ; Son cœur battait très vite, à présent. Cette fois, il allait y arriver. Lorsqu'il atteignait le n°97, il tournait à gauche et se hâtait de parcourir l'allée, entre les deux rangées d'étagères. Mais tout au bout, une forme de dessinait sur le sol, une forme noire qui remuait comme un animal blessé. Harry sentait son estomac se serrer sous l'effet de la peur… et de l'excitation….
Une voix s'élevait alors de sa propre bouche, une voix aiguë, glacée, dépourvue de toute chaleur humaine…. -Prends-la pour moi…Rapporte-la…Je ne peux pas y toucher…mais toi, tu peux… Sur le sol, la forme noire bougeait légèrement. Harry voyait une main aux longs doigts blafards serrés sur une baguette magique se lever au bout de son propre bras…Puis il entendait la voix glacée prononcer le mot : -Endoloris ! l'homme étendu par terre laissait échapper un cri de douleur. Il essayait de se relever mais retombait en se tortillant sur le sol. Harry éclatait de rire. Il brandissait sa baguette pour interrompre le maléfice et la silhouette à nouveau immobile poussait un gémissement -Lord Voldemore attend… Très lentement, les bras tremblants, l'homme étendu par terre soulevait ses épaules de quelques centimètres et redressait la tête. Son visage émacié était maculé de sang, tordu par la douleur, mais restait crispé dans une expression de défi… -Tu devras me tuer, murmurait Sirius. .
-Sans aucun doute, c'est que je finirai par faire, disait la voix glacée. Mais tu commenceras par aller me la chercher, Black…Tu crois donc que c'était vraiment de la douleur, ce que tu as éprouvé jusqu'à maintenant ?Réfléchis…Nous avons des heures devant nous et personne ne peut t'entendre… Quelqu'un se mettait alors à crier lorsque Voldemort abaissait à nouveau sa baguette. Quelqu'un qui hurlait et tombait d'une table brûlante sur la pierre froide. Harry se réveilla en heurtant le sol, hurlant toujours, sa cicatrice en feu tandis que des clameurs s'élevaient autour de lui dans la grande salle. »(p. 816-817) Cette citation peut paraître un peu longue…. Elle énonce pourtant la raison de la future bataille et son enjeu. . Evidemment , le comportement de Harry a perturbé son entourage Il laisse croire à un malaise dû à la fatigue et à la chaleur…Il gagne l'infirmerie où il espère retrouver le professeur Mac Gonagal ; mais celle-ci a été transférée à Sainte-Mangouste, l'hôpital des sorciers….

Harry réussit à joindre Hermione et Ron, car il veut voler le plus vite possible au secours de Sirius. Il se heurte au scepticisme d'Hermione :pour elle, Harry a fait un rêve et il n'est pas prouvé que Sirius soit en danger…Harry est furieux, Ron est de son avis. Désolée, Hermione leur demande de l'écouter : « Tu…. Ce n'est pas pour te critiquer, Harry, mais tu…d'une certaine manière… je veux dire…Tu ne crois pas que tu as un peu trop tendance à vouloir sauver les gens » ?(p. 822) Hermione lui rappelle un épisode bien antérieur, celui où il avait peiné à sauver de la noyade une petite fille qui, en réalité, n'était pas en danger…. « Cà, c'est drôle, l'interrompit Harry d'une voix tremblante, parce que je me souviens très bien de Ron me disant que j'avais perdu mon temps à jouer les héros…. c'est ce que tu penses ?tu crois que je veux recommencer à jouer les héros ? » Hermione ne le croit pas…mais elle ajoute courageusement : « …. Voldemort te connaît, Harry !……. il sait que tu es du genre à porter secours à Sirius !Alors, imagine, si c'était toi qu'il essayait d'attirer au Département des Mystères … » Harry… veut sauver Sirius !Hermione essaie encore de lui dire que son rêve n'était qu'un rêve. Devant la fureur de Harry, elle fait une dernière tentative :qu'il vérifie que Sirius n'est plus au Quartier général de l'ordre….
. (nul ne sait à ce moment que c'est Hermione qui a raison !) Harry accepte de vérifier si son parrain est toujours chez lui. Comment ?Il y a un moyen :utiliser la cheminée d'Ombrage et la poudre de cheminette. De retour au château, Harry, Ron et Hermione battent le rappel de leurs amis qui se chargent de créer une diversion, d'entraîner Ombrage loin de son bureau et de surveiller les alentours. Harry contacte la maison de Sirius…il ne le voit pas dans la salle où se trouve la cheminée et n'aperçoit que son elfe de maison, Kreattur. Harry lui demande où est Sirius…Kreattur répond qu'il est sorti……. Harry insiste. Où est Sirius ?où sont leurs amis Lupin et Fol œil ?…l'elfe dit que le maître ne lui dit pas où il va…Désespéré, Harry lui demande si son maître est parti au Département des mystère…et Kréattur lui répond avec joie : »Le maître ne reviendra pas du Département des mystères… »(p. 881). A ce moment, Harry se sent tiré par les pieds…Ombrage est là, avec sa garde de Serpentards…les amis de Harry sont là aussi , prisonniers, privés de leur baguette magique…. Il va s'en suivre une longue explication qui retardera encore le départ… Interrogé, Harry ne répondra pas aux questions d'Ombrage. Celle-ci, exaspérée, fait venir Rogue, professeur de potions magiques. Ancien mangemort, Rogue s'est rallié définitivement -et sincèrement- à Dumbledore qui lui fait confiance. Cependant nous savons qu'il déteste Harry…

Que va-t-il se passer…. Ombrage demande à Rogue de lui apporter une potion de son invention :le veritaserum. , censé faire parler malgré eux les récalcitrants. Rogue en donnerait volontiers à Ombrage, mais il n'en a plus et la fabrication de cette boisson demande un mois. Fureur d'Ombrage . Pendant cette discussion, Harry cherche désespérément comment faire comprendre à Rogue(après tout il est membre de l'Ordre du phénix) que Sirius est en danger. Au moment où Rogue va sortir, Harry crie de toutes ses forces : « Il a pris Patmol s'écria-t-il. Il a emmené Patmol là où la chose est cachée ! »(p 886) Rogue sait fort bien que Patmol est le surnom de Sirius et que « là où la chose est cachée », c'est le département des mystères, sous le Ministère de la magie… Les choses ne s'arrangent pas pour Harry et ses amis . . Ombrage le menace…et c'est à ce moment qu'intervient Hermione. En résumé, elle affirme à Ombrage qu'elle ne sait pas qu'elle arme le professeur Dumbledore a fait faire mystérieusement, mais Harry et elle savent qu'elle est prête et cachée dans la forêt mystérieuse. Ombrage veut cette arme…. Après une discussion serrée-et une jolie comédie jouée par Hermione-Ombrage charge sa garde de surveiller les amis de Harry et se dirige avec Harry et Hermione vers la forêt interdite… …Ils marchent assez longtemps et s'enfoncent dans la forêt…jusqu'au moment où ils rencontrent un groupe de centaures…Ceux-ci n'aiment pas les humains, mais ne s'attaquent pas aux très jeunes…Ils vont donc emporter Ombrage bien plus loin dans la forêt et Hermione et Harry regagnent à toute allure l'orée du bois… Une surprise les attend :Ron, Ginny, NevilleLuna(une amie récente et solide, malgré ses airs évanescents) . Ils ont réussi à se débarrasser de leurs gardiens, ont repris leurs baguettes magiques et sont prêts à partir au secours de Sirius. Ils veulent tous accompagner Harry, qui finit par accepter, malgré ses réticences. Oui, mais comment gagner Londres, à quelques centaines de kilomètres ?
C'est Luna qui va trouver la solution :les sombrals. Ce sont les chevaux magiques qui tirent les diligences du château. Ils ont de têtes reptiliennes, sont maigres à faire peur, mais ils ont d'immenses ailes qui leur permettent une allure extrêmement rapide ; il suffira de leur nommer Londres, ils connaissent le chemin le plus court. L'ennui , c'est que seuls peuvent les voir ceux qui ont déjà vu la mort :Harry et Luna. Finalement tout le monde 'enfourche un sombral-ceux qui ne les voient pas avec l'aide de ceux qui les voient- et tous, après un pénible voyage, arrivent à Londres près d'une vieille cabine téléphonique. A partir de là, Harry sait comment arriver au département des mystères… Ils y arrivent enfin. !Harry reconnaît tout :l'entrée , qu'il avait déjà vue avec Monsieur Weasley qui l'avait accompagné jusqu'à la salle où se tenait son procès…Et surtout Harry revoit tout le cheminement qu'il faisait dans ses rêves :les portes, les couloirs, les salles. Ses amis et lui font cependant des découvertes :un réservoir au parois de verre qui contient…des cerveaux ; une fosse de pierre avec une arcade à demi en ruines encadrant un rideau noir en lambeaux, sorte de voile derrière lequel on entend des voix très faibles ; une grande cloche de cristal qui diffuse de la lumière…
Et, derrière cette cloche, une dernière porte, celle qui conduit à l'immense salle qu'Harry a déjà vue dans ses rêves :la salle où il fait un froid intense, la salle meublée de nombreuses étagères sur lesquelles sont alignées de petites sphères de verre poussiéreuses, portant chacune une minuscule étiquette…C'est là après la sphère n°97 que devrait se trouver Sirius…Sirius n'est pas là. Pendant qu'Harry le cherche, Ron regarde la sphère n°97…. Sur l'étiquette est inscrit le nom de Harry…Celui-ci, étonné, la prend et la frotte pour la débarrasser de sa poussière…C'est alors que derrière eux, on entend une voix traînante : « Très bien, Potter, dit la voix. Maintenant, retourne –toi lentement, gentiment et donne-moi çà »C'est la voix de Lucius Malefoy, accompagné de ses mangemorts. Car la petite sphère contient-et Malefoy le sait-une prophétie mystérieuse qui concerne Voldemort et Harry et dont Voldemort ne connaît qu'une partie. Harry refuse de donner la prophétie et veut savoir où est Sirius. Une discussion s'ensuit .
Malefoy veut la sphère intacte, car si elle se casse, la prophétie serait perdue à jamais…. Il jette un sort à Harry qui ne lâche pas la petite sphère. Il essaie de gagner du temps en demandant des explications et, réussit à glisser à Hermione un plan de bataille :que ses amis démolissent les étagères quand il dira :Allez-y !Harry prolonge la conversation avec les mangemorts « Alors, comme çà, il(Voldemort)voulait que je vienne la prendre ?Et pourquoi ?: -Pourquoi ?s'exclama Malefoy avec un incrédulité réjouie. Tout simplement parce que les seules personnes autorisées à retirer une prophétie au Département des mystères sont celles qui en font l'objet, comme l'a découvert le Seigneur des Ténèbres lorsqu'il a essayé de se servir de quelqu'un d'autre pour la dérober.
-Et pourquoi voulait-il dérober une prophétie qui me concernait ? -Qui vous concernait tous les deux, Potter, tous les deux »(p. 881-882) mais comme Voldemort ne pouvait venir lui-même au Ministère de la magie, Malefoy et ses mangemorts avaient attiré Harry dans un piège…. C'est Hermione qui avait raison…mais les dés sont jetés et la bataille va commencer. . « Allez-y, crie Harry. » Les étagères volent en éclat. . Dans le désordre qui s'ensuit, . Harry et ses amis , poursuivis par les mangemorts, sont séparés en deux groupes. La bataille fait rage, à coups de baguettes magiques, bien entendu Hermione est atteinte, mais vivante. Neville est durement frappé au visage ; il n'arrête pas de se battre pour autant. Il interpelle Harry, en parlant comme il peut…
«Quoi qu'il arrive, Harry, dit Neville d'un ton féroce, de lui laize zurdout bas brendre la provézie »(p. 889) Au bout d'un moment , les deux groupes se rejoignent. Toujours poursuivis par les mangemorts, ils se retrouvent dans la salle où se trouve la fosse mystérieuse. Au moment où Harry est prêt à céder la prophétie pour sauver Neville, Sirius et les membres de l'ordre du Phénix entrent en jeu La bataille redouble de violence : « Harry, prends la prophétie, emmène Neville et va-t-en d'ici !cria Sirius qui se ruait déjà vers Bellatrix(une mangemort)(p. 901) Attaqué par Malefoy, Harry lance la sphère à Neville, atteint par le sort « tarentallegra » (Neville danse les claquettes) !Harry l'entraîne, mais Neville chute, glisse la prophétie dans sa poche ; sa robe se déchire, le petit globe tombe, Neville le heurte avec un de ses pieds ; la sphère s'envole et se fracasse sur l'escalier… « …contemplant les débris de verre avec une expression d'horreur, ils virent une silhouette d'un blanc nacré aux yeux immenses, s'élever dans les airs. Personne d'autre n'avait remarqué l'apparition. Harry voyait remuer les lèvres fantomatiques mais dans les cris les hurlements et le tumulte des combats, il ne put entendre le moindre mot de la prophétie. La silhouette s'arrêta alors de parler et se volatilisa. » (p. 908)…. …Et DUMBLEDORE apparaît…Harry sait qu'ils sont sauvés… …Mais Sirius, est atteint par le jet de lumière rouge sorti de la baguette de Bellatrix. Il bascule et traverse le vieux rideau usagé. C'est fini pour Sirius :il a traversé le rideau de la mort et ne reviendra plus. D'abord incrédule, Harry est fou de rage et veut tuer Bellatrix. Il la poursuit, échappe à ses sortilèges, mais ne peut la réduire. Elle lui promet de l'épargner s'il lui donne la prophétie…
« Dans ce cas, vous allez devoir me tuer parce que la prophétie n'existe plus !rugit Harry Un e douleur aiguë lui traversa le front. Sa cicatrice était à nouveau en feu et il sentit monter en lui une fureur qui n'avait rien à voir avec sa propre rage. -Et il le sait !ajouta Harry avec un rire démentiel digne de Bellatrix. Votre cher vieux copain Voldemort sait que la prophétie n'existe plus. Il ne va pas être très content de vous, j'imagine »(p. C'est alors que VOLDEMORT apparaît…Il veut tuer Harry. . Et c'est le duel final entre Dumbledore et Voldemort, entre le bien et le mal… Dumbledore et Voldemort luttent, à coup de baguettes magiques, pendant un bon moment. Voldemort finit par comprendre que son adversaire cherche à le neutraliser, pas à le tuer. C'est alors que Dumbledore lui dit « En vérité, ton incapacité à comprendre qu'il existe des choses bien pires que la mort a toujours constitué ta plus grande faiblesse »(p. 915). Voldemort se transforme en serpent. Il lance un rayon mortel à Dumbledore, mais le phénix de Dumbledore, Fumseck, avale le rayon…Sous le regard de Fudge et de tout le Ministère de la magie que Dumbledore avait amené avec lui…Voldemort s'enfuit …. Et Harry ? …Avec l'arrivée de Dumbledore, Harry a cessé le combat, comme tous les autres. Sa cicatrice lui fait atrocement mal… « Il ne voyait plus le hall, il se trouvait maintenant prisonnier d'une créature aux yeux rouges, si étroitement serrée autour de lui qu'Harry n'arrivait plus à distinguer la limite entre son propre corps et celui de la créature. Ils avaient fusionné, unis dans la douleur, sans aucune fuite possible.
Lorsque la créature parla, ce fut par la bouche de Harry qui sentit au milieu de sa souffrance ses mâchoires remuer. . -Tue-moi, maintenant, Dumbledore… Aveuglé, agonisant, tout son corps suppliant qu'on le délivre, Harry sentit la créature parler à nouveau à travers lui… -Si la mort n'est rien, Dumbledore, Dumbledore, tue ce garçon…Que la douleur s'arrête, pensa Harry…qu'il nous tue…Finissons-en , Dumbledore…La mort n'est rien, comparée à çà…et je reverrai Sirius… »(p. 916-917) Mais la créature disparaît, Harry est libre…Et tout le ministère de la magie a vu Voldemort, l'a entendu, et désormais nul ne peut plus nier son retour…. Pourquoi résumer cette véritable bataille ?parce qu'elle démontre combien les personnages y vont, en quelques sorte « au bout d'eux-mêmes », en montrant leur amitié, leur attachement à Dumbledore, à Harry, au bien, leur capacité d'initiative, leur courage, leur détermination ; ils luttent de toutes leurs forces, supportent la douleur sans broncher(Revenus à Poudlard, leur infirmière les remettra sur pied :Neville au nez en marmelade, Ron attaqué par les cerveaux, Hermione inconsciente, Ginny à la cheville cassée(elle avait simplement raté une marche)Des enfants héroïque, déterminés, presque adultes déjà. .

Et Harry ?il est épuisé et, avant toute chose, Dumbledore le renvoie, par « portoloin » dans son bureau de Poudlard…
C'est alors que Dumbledore va se révéler dans toute sa majesté et son autorité calme et ferme. Il consacrera une demi-heure au ministre Fudge : « Vous allez donner l'ordre de mettre fin aux fonctions de Dolorès Ombrage à Poudlard, déclare Dumbledore. Vous allez dire à vos Aurors (les chasseurs de mangemorts) d'arrêter de rechercher mon professeur de soins aux créatures magiques afin qu'il puisse reprendre son travail. Je vais vous accorder… Dumbledore tira de sa poche une montre à douze aiguilles qu'il consulta d'un bref coup d'œil -une demi heure de mon temps, au cours de laquelle je vous résumerai l'essentiel de ce qui s'est passé ici. Après cela, il me faudra retourner à mon école. Si vous avez encore besoin de mon aide, je serai ravi de vous l'apporter, il vous suffira de me contacter à Poudlard.
Les lettres adressées au directeur me parviendront »(p. 919-920) Nous retrouvons ici la personnalité peu commune de Dumbledore. Toutefois, une question se pose :pourquoi n'est-il pas intervenu plus tôt ? Il aurait ainsi pu éviter la mort de Sirius. Il nous semble qu'il y a une raison à cette intervention un peu tardive. Il fallait que Dumbledore attende l'apparition de Voldemort afin que tous les membres du ministère de la Magie, Fudge en tête, soient convaincus de son retour…. Et nous en arrivons à la finale-qui est sans doute un point d'arrivée essentiel : l'explication entre Dumbledore et Harry…

C'est l'aube. Harry se trouve dans le bureau de Dumbledore. Il est au comble du chagrin et se sent responsable de la mort de Sirius :
« …. s'il n'avait pas été tellement convaincu que ce qu'il avait vu dans son rêve était réel, s'il avait simplement accepté l'hypothèse que Voldemort, comme Hermione l'avait dit, comptait sur sa tendance à jouer les héros »(p. 921-922) Au plus fort de sa souffrance, Harry essaie de fuir le bureau…qui est fermé ! Son sentiment de culpabilité augmente : « Harry ne pouvait plus se supporter, ne pouvait plus supporter d'être lui-même … jamais il ne s'était senti autant enfermé à l'intérieur de sa propre tête, de son propre corps.
Jamais il n'avait éprouvé un désir aussi intense d'être quelqu'un d'autre, n'importe qui…(p. 923) C'est à ce moment qu'arrive Dumbledore…. Dumbledore qui veut donner des explications à un Harry furieux contre lui…. Dumbledore lui dit calmement que sa colère est humaine et qu'il lui doit des explications. Harry, toujours furieux, ne veut rien entendre. Dumbledore insiste, lui explique que lui, Harry, n'est pas responsable de la mort de Sirius, mais que c'est en grande partie la sienne. Pourquoi ?Parce que, s'il avait été plus franc avec Harry, celui-ci ne serait pas tombé dans le piège de Voldemort et Sirius serait toujours vivant. Harry l'écoute enfin. Dumbledore lui avoue que , très tôt, il avait deviné que la cicatrice était sans doute le signe d'un lien qui s'était établi entre Harry et Voldemort. Il avait compris qu'Harry était averti , par la douleur de sa cicatrice, chaque fois que Voldemort se trouvait près de lui ou éprouvait une émotion intense. Cette faculté était de plus en plus prononcée depuis que Voldemort avait retrouvé un corps.
Dumbledore avait ensuite compris que ceci avait été perçu pat Voldemort. Il avait craint que ce dernier n'essaie de pénétrer les pensées de Harry, et par contre-coup, tout ce qu'il lui dirait. D'où son attitude si distante vis-à-vis de son élève. Mais Dumbledore savait que ce que Voldemort cherchait-et continuait à chercher-c'était la destruction de Harry. Et Dumbledore continue : « Tu comprends maintenant que si je prenais mes distances avec toi, c'était pour tenter de te protéger, Harry. L'erreur d'un vieil homme… »(. p. 086)
Dumbledore n'a pas encore terminé :Voldemort, dit-il, voulait connaître tout le contenu de la prophétie. Il ne peut pénétrer lui-même au Département des secrets. Alors, il a envoyé un rêve à Harry, lui faisant croire que Sirius était en danger. Il avait obtenu l'aide de l'elfe de maison, Kreattur…

Et Dumbledore reprend ses aveux :il reconnaît avec humilité son erreur :il a toujours voulu protéger Harry, le ménager au lieu de lui apprendre très tôt la vérité : « En d'autres termes, j'ai agi exactement comme Voldemort s'attend à ce que nous agissions, nous, les imbéciles qui éprouvons des sentiments d'amour…Y-a-t-il quelque chose à dire pour ma défense ?Quiconque t'a observé aussi bien que moi-et je t'ai observé plus attentivement que tu ne peux l'imaginer-aurait eu ce même souci de t'épargner des souffrances supplémentaires après ce que tu avais déjà enduré. » (p. 941-942). Mais maintenant Harry va savoir. Voldemort a essayé de tuer Harry à cause d'une prophétie faite avant sa naissance. Voldemort croyait connaître cette prophétie et pensait l'accomplir en tuant Harry. Il comprit qu'il s'était trompé. Après avoir lutté contre Harry-toujours victorieux Et surtout après avoir retrouvé son corps, il comprit qu'il ne savait pas tout ; il voulait à tout prix connaître la prophétie tout entière :et le petit globe où était enfermée la prophétie était la fameuse arme qu'il cherchait. Harry rappelle qu'elle s'est brisée et donc qu'elle n'existe plus. Dumbledore répond que le globe ne contenait qu'une copie… : « Mais la prophétie elle-même a été faite à quelqu'un qui possède un moyen de se la rappeler parfaitement »(p943)
Qui ?Dumbledore, tout simplement …Seize ans auparavant, il avait rencontré Sybille Trelawney dans un petit café du village des sorciers :Pot-au-Lard. Et c'est Sybille qui avait prononcé la prophétie, la prophétie que Dumbledore avait soigneusement déposée dans la pensine(petite cuvette qui contient une matière qui conserve les souvenirs qu'on y dépose)Dumbledore l'en retire et Harry voit une silhouette apparaître au-dessus de la pensine, et qui parle : « Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des ténèbres approche…. Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois…et le Seigneur des ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore…. et l'un d'eux devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit…. Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois… » Or, mal renseigné par un espion, Voldemort n'a jamais su que deux enfants répondaient aux conditions de la prophétie :Harry…et Neville.
Voldemort pensait qu'Harry était le seul et c'est lui qu'il a » marqué » . Et c'est alors que Dumbledore prononcera des paroles essentielles qui donneront la clef de la supériorité de Harry sur Voldemort : « Il existe une pièce, au département des Mystère……. . qui reste toujours verrouillée Elle contient une force à la fois la plus merveilleuse et plus terrible que la mort, que l'intelligence humaine, que les forces de la nature…. le pouvoir conservé dans cette pièce, tu le possèdes au plus haut point, Harry, alors que Voldemort en est totalement dépourvu.
C'est ce pouvoir qui t'a poussé à vouloir à tout prix sauver Sirius cette nuit. Et c'est ce même pouvoir qui a empêché Voldemort de te posséder, car il ne supportait pas d'habiter un corps où cette force qu'il déteste était si présente. En définitive, il n'était pas très important que tu ne saches pas fermer ton esprit. C'EST TON CŒUR QUI T'A SAUVE ». (p. 947) Harry comprend qu'il est le plus fort parce qu'il sait aimer…Cependant, il reste inquiet : « Alors dit Harry, en allant chercher ses mots au fond du gouffre que le désespoir avait ouvert en lui, cela signifie que…. qu'à la fin…l'un de nous deux devra tuer l'autre ? -Oui, répondit Dumbledore ». (p. 948) Harry n'a pas envie de tuer…Un long silence. . ; Puis Dumbledore explique à Harry pourquoi il ne l'a pas choisi comme préfet. Il a pensé qu'il avait assez de responsabilités sans voir encore à assumer cette charge difficile. Alors…. « Harry leva les yeux et vit une larme couler sur le visage de Dumbledore puis disparaître dans sa longue barbe argentée »(p. 948)…. …. On ne nous dit rien de la réaction de Harry…. .

La deuxième guerre est commencée…

C'est un commencement quasi feutré, discret, auquel l'auteur consacre les deux derniers chapitres du cinquième tome. Tout d'abord, la fameuse Gazette des sorciers annonce à ses lecteurs la vérité toujours niée jusqu'à ce moment :oui, Voldemort est de retour ; il a retrouvé son corps et ses pouvoirs. Oui, Dumbledore avait raison en affirmant son retour et ce même Dumbledore est réintégré dans toutes ses fonctions. Non, Harry Potter n'est pas un fabulateur, un demi-fou ; il a réellement vécu les évènements qu'il rapporte et lutté avec Voldemort…Et nous revenons à Poudlard…. Neville et Ginny ont été guéris par l'infirmière Madame Pomfresh(Ginny s'était cassé la cheville en ratant une marche) ; Ron et Hermione se remettent plus lentement, mais sûrement ; ils sont en convalescence.
Ombrage a été ramenée de la forêt interdite par Dumbledore et se trouve encore en état de choc…Le château a retrouvé son calme…et Harry ? Harry est malheureux parce qu'il voit son avenir bien noir :il n'a nulle envie d'être assassin ou victime…Il n'est bien nulle part. Il quitte l'infirmerie où sont ses amis pour aller voir Hagrid : « Il ne savait plus très bien s'il avait envie de voir des gens. Chaque fois qu'il se trouvait avec quelqu'un, il préférait s'en aller, et dès qu'il était seul il recherchait un peu de compagnie…… peut-être voulait-il être seul parce qu'il se sentait coupé des autres depuis sa conversation avec Dumbledore. Une barrière invisible le séparait du reste du monde. Il était-il avait toujours été-un homme marqué. Il n'avait simplement pas compris ce que cela signifiait vraiment…. .
il lui était toujours très difficile de croire qu'un meurtre se produirait inéluctablement dans sa vie, qu'un moment viendrait où il lui faudrait tuer ou être tué. . »(p. 960) . De retour de chez Hagrid, Harry s'installe au bord du lac : « Le soleil s'était déjà couché lorsqu'il se rendit compte qu'il avait froid. Il se leva alors et retourna au château en s'essuyant le visage avec sa manche »(p. 961). Harry a donc pleuré… Il reste toutefois obsédé par la mort ; Il ne peut admettre la mort de son parrain et voudrait à tout prix le revoir, lui parler.
Il va interroger le fantôme Nick-sans-tête. Ce dernier ne peut guère l'aider. Il avoue qu'il avait peur de la mort…. Il est resté à mi-chemin(n'oublions pas que nous sommes dans un monde magique !) : « Je ne suis ni ici ni là-bas…Je ne sais rien des secrets de la mort, Harry, car j'ai choisi de la remplacer par ma faible imitation de vie ». (p. 967) C'est une conversation avec Luna, une amie récente mais fidèle, qui va venir un peu en aide à Harry. Elle a perdu sa mère et elle est convaincue qu'elle la reverra un jour. Elle lui rappelle les voix entendues derrière le voile, juste avant la bataille : « Dans cette pièce avec l'arcade. Ils(les morts) se cachaient pour qu'on ne les voie pas, c'est tout. Tu les as entendus aussi bien que moi »(p. 969) Et Harry sent « que le poids terrible qui pesait sur lui s'était un peu allégé ». (p. 969)

Et ce sera le retour à Privet Drive, dans sa famille-dont on n'a plus parlé depuis l'épisode des détraqueurs, au début du livre…Harry appréhende ce retour. Il souhaiterait presque que le voyage ne finisse pas-voyage « agrémenté »par une provocation de Drago Malefoy et ses deux gardes du corps, finalement transformés tous les trois en grosses limaces et jetés dans le filet à bagages ! Que leurs parents les y retrouvent…Harry est angoissé . Mais quelle surprise à son arrivée…. C'est tout un comité d'accueil qu'il va trouver à la gare : Monsieur et Madame Weasley, les sorciers Maugrey Fol- Œil et Lupin, la gentille sorcière Tonks, les jumeaux Weasley, George et Fred, tous s'adressent chaleureusement à Harry… et tous font clairement comprendre à l'oncle et la tante de Harry qu'ils sont chargés de la protection de leur neveu :celui-ci doit être bien traité, mener une vie normale et donner très fréquemment de ses nouvelles. Sinon, ils interviendraient sans aucune hésitation. Harry, soulagé, ému, accepte de bon cœur, cette fois, cette « protection rapprochée ». Reconnaissant, il fait ses adieux à ses amis. Hermione et Ron lui promettent de le retrouver bientôt. . « Harry acquiesça d'un signe de tête. il n'arrivait pas à trouver les mots pour exprimer ce que signifiait à ses yeux le fait de les voir tous rassemblés à ses côtés. Il se contenta de sourire, leur adressa de la main un signe d'adieu et s'avança d'un pas résolu vers la rue ensoleillée, suivi de l'oncle Vernon, de la tante Pétunia et de Dudley qui se hâtaient derrière lui. »(p. 976)

QUELQUES REFLEXIONS

Ces réflexions porteront essentiellement sur deux points :Le bien et le mal dans le monde magique, les rapports du monde magique et du monde réel, rapports qu'il convient de préciser et d'affiner.

1)le bien et le mal Au premier abord, une impression très nette se dégage :une division catégorique divise le monde des sorciers. Il y a le monde des mages noirs, de ceux qui ont opté, par soif de domination et de pouvoir, pour la magie noire qui leur permet d'accomplir tous les crimes possibles, toutes les actions les plus horribles.
C'est le monde sorcier du mal et le chef en est évidemment Voldemort. Parralèllement, il y a le monde des sorciers qui refusent absolument la magie noire, et ne veulent utiliser leurs pouvoirs extraordinaires que pour leur utilité, pour s'entraider, pour secourir, bref pour des actions utiles et humaines. Leur chef de file est , évidemment, Dumbledore, le directeur du collège où sont éduqués et instruits les jeunes sorciers. En réalité, tout n'est pas aussi simple. Prenons le monde des mages noirs, des « mangemorts ».
Tous ne se ressemblent pas. Il y a les « durs », les « solides »qui sont résolument attachés à Voldemort et le resteront, même s'ils ont un jour fait semblant d'en éprouver du regret et de rallier de monde du bien(au moment, bien sûr, où Voldemort a perdu ses pouvoirs). Mais d'autres vont sincèrement reconnaître leurs erreurs et adopter le parti du bien : Rogue , par exemple.
D'autres encore sont devenus des mages noirs par peur de Voldemort. A la défaite de ce dernier, ils reviennent au monde du bien ; hésitants, faibles, peureux, ils oscilleront entre les deux mondes, quitte à se réfugier auprès de Voldemort dont ils ne cessent d'avoir peur . Du côté du monde du bien, du côté de Dumbledore, les positions ne sont pas aussi tranchées qu'elles pourraient le paraître. Entendons-nous bien :l'option la plus importante, l'option essentielle est toujours le choix du bien , quitte à renouveler son choix, à le réaffirmer si l'occasion se présente(C'est d'ailleurs ce que fait Harry). Il semble que le mal soit vu sous un aspect concret :des actions-le meurtre, par exemple- jugées mauvaises, ou des personnes, Voldemort et ses partisans. . Il en est de même du bien :des actions, des personnes sont jugées bonnes, tel Dumbledore. Il ne paraît pas y avoir de véritable « réflexion » sur le bien et sur le mal, de valeur au nom de laquelle on apprécie personnes, actions et même pensées…Ou plutôt ce « fondement » qui permettrait de préciser, d'apprécier ce qui est bien, ce qui est mal, existe en chacun, à l'état de « vécu » , comme une sorte de conscience innée.
Le véritable fondement du bien, c'est en réalité le respect de la personne humaine ; il est vécu, noyé chez les mangemorts par l'orgueil, la soif de pouvoir, la haine , la jalousie… la peur, la lâcheté. Chez les partisans du bien, ce même » fondement » existe, mais il n'est pas « réfléchi », intellectualisé. En fait, de plus, le monde du bien n'est pas parfait et le mal y a sa place. Prenons simplement la petite société du collège de Poudlard. Nous trouvons naturel que Malefoy , fils d'un mangemort qui n'a fait que semblant de se repentir, soit méchant, sournois, orgueilleux. .
Mais le professeur Rogue, un mangemort sincèrement converti ; est incapable de pardonner au père de Harry qui fut son condisciple, son mépris et ses farces plutôt cruelles ; il éprouvera pour Harry une haine terrible, qui ira jusqu'à une véritable persécution…les élèves de Poudlard sont versatiles, prêts à détester Harry, à se moquer de lui ou à le porter aux nues, selon les circonstances …Ron, qui restera toujours l'ami fidèle, est cependant un peu jaloux de Harry…Hermione et lui sont assez rancuniers. . Harry lui-même n'est pas sans défauts Il est coléreux, susceptible, parfois impulsif et irréfléchi…et pardonner semble plus que difficile à nos héros(à l'exception de Dumbledore !) Curieusement, Voldemort n'utilisera pas les défauts de Harry pour le piéger, mais bien ce qu'il a de meilleur en lui :son désir « de sauver les gens », allié sans doute à une petite faiblesse bien repérée par Ron et Hermione :le désir d'agir en héros. . Mais il est évident que son mobile essentiel est son immense affection pour son parrain qu'il veut sauver à tout prix, même au prix de sa propre vie.
Après la bataille-et la mort de Sirius-Harry et Dumbledore ont un long entretien. Dumbledore assure Harry qu'il possède une force qui manque totalement à Voldemort et contre laquelle ce dernier ne peut rien :Harry a un cœur…Il sait aimer. Et Dumbledore avouant ses erreurs pour avoir voulu trop protéger Harry, dira : »En d'autres termes, j'ai agi exactement comme Voldemorts s'attend à ce que nous agissions, nous, les imbéciles qui éprouvons des sentiments d'amour »(p. 941-942) Sans doute avons-nous le mot important, le mot-clef…le monde du bien, même imparfait, est un monde qui a du cœur, un monde où l'amour existe, un monde où l'on sait aimer. . ; le monde du mal , c'est le monde sans amour…

2)Monde magique et monde réel. Nous constatons tout d'abord une curieuse « interpénétration ». Le monde magique de Harry Potter n'est pas totalement coupé du monde réel, du monde des « moldus ». Bien des jeunes sorciers, Hermione, par exemple, sont issus d'une famille de moldus. Et si le collège de Poudlard et le village de Pot-au-Lard sont habités uniquement par des sorciers, la plupart de ces derniers vivent parmi les moldus, ce qui est pour eux notre monde réel . D'autre part, dans le monde où nous vivons, n'y a-t-il pas comme des « traces », comme une sorte d'infiltration d'un monde que nous disons imaginaire : superstitions, croyance en la voyance, aux « jeteurs de sorts », au « mauvais œil », etc ? N'insistons pas…

D'autre part, dans le monde magique comme dans le monde réel, personne ne nie l'importance de l'éducation et du travail. Certes, le monde magique fait un usage constant de la baguette magique :on répare sur le champs des lunettes cassées, un meuble brisé ; madame Weasley pèle d'un coup de baguette magique les pommes de terre du repas ; par contre, elle fait travailler dur Ron, Hermione et Harry pour rendre propre et habitable la maison de Sirius. A Poudlard, les élèves doivent suivre des cours, faire leur devoirs sans l'aide d'aucune magie, apprendre à fabriquer des potions, étudier les différents sortilèges et les mots magiques qui accompagnent l'usage de la baguette…A la fin de chaque année scolaire, les examens ne sont pas faciles et ont leur donne des plumes à écrire qui les empêchent de tricher ! A l'infirmerie, le gentille sorcière madame Pomfresh fait repousser les os du bras de Harry en une nuit, mais elle a fait ses études de « guérisseuses »…et connaît les vertus du chocolat !ceci dit-et l'on pourrait multiplier les exemples- il y a entre monde magique et monde réel de sérieuses différences En effet, il est une première différence fondamentale . le monde des moldus, le monde réel, est le monde de la science, le monde magique est celui de l'imagination.
Curieusement, science et magie semble viser les mêmes buts. Ainsi, dans les conflits, la baguette magique obtient les mêmes résultats que l'armement moldu :neutraliser l'ennemi et gagner la victoire. Dans le cas des déplacements, on recherche la rapidité et la vitesse. Dans le monde magique de Harry Potter, » transplaner » et s'accrocher à un « portoloin »permettent des déplacements quasi instantanés. Les moldus, eux , ont les avions, les voitures etc(Entre parenthèses, » transplaner s'apprend et il faut un « permis » pour le faire comme pour conduire une voiture chez les moldus !)Il est vrai que le train qui emmène les élèves de Londres à Poudlard met bien du temps pour faire le voyage :peut-être est-il le symbole qui fait comprendre aux élèves qu'ils quittent un monde pour un autre.
D'autre part, dans le monde des sorciers, on fait des recherches, par exemple, on crée de nouvelles potions, comme on fait des recherches dans le monde réel des moldus . D'ailleurs, la « technique » des moldus intéresse certains sorciers, Monsieur Weasley, par exemple . A Poudlard, il y a des cours sur l'étude des moldus. Mais la majorité des sorciers méprisent les moldus et se demandent comment il font pour vivre sans magie, alors que les moldus semblent à peu près ignorer le monde des sorciers. Finalement, la plus grande différence entre les deux mondes, c'est que le mode magique relève du domaine de l'imagination, sans exclure intelligence et raison, et que le monde réel est celui de l'intelligence, de la logique, de la raison, tout en ayant besoin d'une imagination qui fonctionne sous le contrôle de la raison. .
Une seconde différence peut se remarquer dans le domaine éthique. Comme nous l'avons déjà dit, le monde magique ne fait pas montre de grande réflexion en ce qui concerne le bien et le mal. Le monde réel a sur ce point un avantage ; si, dans ce monde, il existe chez beaucoup une simple morale sociale, chez d'autres cette morale est fondée sur le respect de la personne humaine et, pour d'autres encore, sur une véritable spiritualité, appuyée sur des croyances religieuses. Ces deux derniers aspects sont cependant pressentis dans le monde magique de Harry Potter :Hermione ne cesse de dire qu'il est honteux de na pas traiter les elfes de maison de façon humaine(même si on lui affirme qu'ils ne sont pas humains), et , juste avant la bataille, on entend la voix des défunts derrière un rideau , symbole de la mort, ce qui prouve qu'ils existent encore…ailleurs !

CONCLUSION

Nous avons quelque peu insisté sur l'étude du cinquième volume de la saga Harry Potter :Harry Potter et l'ordre du Phénix. Ce livre nous a paru d'une grande intensité dramatique, cette intensité dramatique qui monte avec chaque volume !Nous savons que nous en sommes à la deuxième guerre entre le bien et le mal. Mais que se passera-t-il ? Comment tout cela finira-t-il ? C'est le secret de l'auteur…. …Et nous nous posons toujours la même question. Quelle est la valeur psychologique de ce cinquième volume ? Nous restons un peu perplexe.
Certes, tous les personnages ont une telle densité humaine, sont d'une telle « réalité » psychologique qu'on les croirait volontiers réels. Mais la question est avant tout de savoir si la lecture de ce volume peu convenir aux jeunes lecteurs, les aider à réfléchir…précisons d'abord que d'un tome à l'autre, les évènements deviennent de plus en plus dramatiques, souvent de plus en plus terrifiants.
Il faudra donc toujours tenir compte de la maturité de jeunes, de leur sensibilité. Nous disons des « jeunes » car on dirait que Rowling s'adresse, à chaque tome, à des enfants plus âgés d'un an, enfants, puis adolescents qui auraient grandi comme nos héros. Non seulement, de tome en tome, la magie devient plus importante, les évènements plus tragiques, mais il nous semble que chaque volume-et particulièrement le cinquième- fassent appel à des connaissances qu'ils n'ont pas forcément acquises. . Toutefois, il faut reconnaître les aspects positifs des livres de Harry Potter, Le cinquième, surtout, nous paraît riche.
Les jeunes y trouveront des caractères bien typés, capables de les faire réfléchir. Ils pourront comprendre que les héros, partisans du bien, ne sont pas des surhommes, qu'ils ont leur défaut et leurs faiblesses…et qu'il y a tout de même une différence entre le bien et le mal !
Ils saisiront ce qu'est le courage, la franchise, la délicatesse…et pourquoi pas la grandeur de l'humilité :nous pensons à Dumbledore qui avoue ses erreurs dans sa dernière conversation avec Harry…. ; et pourquoi pas, aussi, la valeur du pardon , de la confiance et de la bonté. Il faut espérer que ne leur échappera pas ce que Dumbledore appelle le cœur, la grande force d'amour qui est l'arme suprême…. c'est la grande force de Dumbledore, de Harry, de tous les partisans du bien… et c'est la grande force que Voldemort ne possèdera jamais…. qu'il ne pourra jamais posséder. .

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